Le stop pensée

Retrain brain overthinking fi

Le stop pensée expliqué par un psychopraticien

Dans le cadre de la thérapie comportementale, le "Stop pensée" est un outil que je considère efficace dans un premier temps, de façon à appréhender le lâcher prise dans sa globalité. Cet outil m'a été confié par le Docteur Lamagnère, spécialiste du trouble obsessionnel compulsif à Paris. 

Il s'agit de s'imaginer le panneau de signalisation lorsque la pensée intrusive imprégnée de mal-être a été identifiée au préalable par le patient. 

Même s'il s'inscrit dans une démarche béhavioriste et vulgarisée de l'approche  comportementale, le "Stop pensée" n'en est pas moins utile aux prémices d'une thérapie : il a pour vertus de faciliter la détection des pensées intrusives, d'être simple à appliquer, de permettre de se confronter aux obsessions en ne répondant pas à l'appel des pensées neutralisantes. Il en est de même pour le "Flooding" qui est une méthode radicale destinée à saturer le cerveau. 

Mais revenons au "Stop pensée" :

En aucun cas il ne s'agira de dire "Stop" arbitrairement à une pensée intrusive ; le patient n'étant pas un ordinateur qui fonctionne sur un mode binaire ! Tout le monde a des pensées intrusives et elles ne se contrôlent pas ! Néanmoins, il conviendra de dire "Stop" aux pensées neutralisantes ; c'est à dire aux pensées volontaires et aux ruminations que le sujet élabore en vue de soulager son angoisse et d'apaiser son doute. 

Dès lors que la pensée intrusive est identifiée (exemple : "Quelque chose me dérange dans le comportement de mon conjoint", suivi de la pensée automatique "si je me pose cette question, c'est que je ne l'aime plus"), il sera nécessaire de stopper toute pensée volontaire destinée à se rassurer ou à répondre à la pensée intrusive ou automatique ("si ça se trouve je ne l'aime plus"). En outre, il faudra demeurer au contact de cette pensée angoissante et intrusive et rester SILENCIEUX intérieurement. L'angoisse va monter à un certain niveau, puis elle déclinera. Plus le "Stop pensée" sera appliqué, moins l'angoisse perdurera et moins elle sera intense. 

Il est essentiel de rappeler qu'une émotion n'est pas éternelle, elle finit toujours par décliner ; de même en matière d'attaque de panique, l'émotion chute inexorablement. 

Dans le cadre du TOC, la pensée neutralisante est comparable à un shoot pour un toxicomane : elle soulage sur le moment (et encore, pas toujours), mais elle contribue à ce que les symptômes deviennent chroniques. En ruminant, en se rassurant, le patient se soulage jusqu'à la prochaine obsession, et c'est le cercle vicieux. 

Je me permets d'émettre un reproche à cette technique : son manque flagrant de dimension cognitive et le fait que "le stop" ne soit pas spontané ni naturel... Le lâcher prise et la maîtrise du traitement de l'information (la cognitive) associés à la prise de sérotoninergique sont la panacée dans le traitement du trouble obsessionnel compulsif sévère; le "Stop" me semble limité dans le cadre d'un traitement à long terme ; il est cependant un allié non négligeable afin de se familiariser à la comportementale. 

N'omettons pas de mentionner la Thérapie d'Acceptation et d'Engagement et la Méditation qui sont des outils efficaces dans le dessein de la rémission. 

Je me permets d'émettre un dernier bémol concernant le "Stop pensée" : le patient risque de poser des "Stop" à profusion ; ainsi, la technique elle-même (le stop) pourra être sujette à ruminations... Exemple : "Ai-je vraiment dit stop ?"

Les partisans des thérapies d'inspiration analytique reprochent à cette technique de favoriser la théorie des vases communicants (c'est à dire le déplacement des symptômes). La recherche tend à démontrer le contraire, dans la mesure où le "Stop pensée" se substitue à la pensée neutralisante s'il est appliqué de manière globale, c'est à dire si l'on dit "Stop" à TOUTES les pensées neutralisantes, à TOUTES les réassurances et ruminations. Le stop est également applicable au TAG et aux phobies simples.

Rodolphe Hurlot  
Psychopraticien et Sophrologue

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