les schémas de pensées

Je tiens à préciser qu'il est parfois difficile pour les personnes souffrants de ce trouble de se soigner car des pensées intrusives du type "et si je guerissais et que je me rendais compte que je ne l'aime pas" entretiennent le patient à rester en l'état.

Vous devez accepter "le doute que..." ! c'est dur mais je vous assure que ça vaut la peine de se retrouver pleinement pour aimer son ou sa chéri(e).

Voici l'article qu'avait écrit notre cher ami "Thorr" sur un des forums de discussion concernant le trouble, afin de vous guider dans la rémission de votre trouble

"Je vous soumets la technique que j’adopte maintenant depuis 5 mois et qui m’a permis d’éradiquer 40% des symptômes dans ce laps de temps. A vous de voir si cette méthode dérivée de la tcc vous convient :

Préambule : Notre entendement et nos choix de vie sont soumis à la gouverne d’une pluralité de facteurs : le raisonnement logique, soit, mais aussi notre éducation, les singularités propres à notre personnalité, notre ressenti, nos expériences, nos facultés d’appréhension…
La peur émerge d’un dualisme manifeste entre la pensée pure imprégnée d’angoisse et cette pluralité de facteurs. Nos choix proviennent de ce pluralisme, comme un tout cohérent qui nous guide dans nos actions. Dans le cadre du toc, le sujet demeure sain car cette cohésion, cette osmose, est en lui ; le problème c’est le raisonnement à outrance et le dérèglement des émotions Ainsi, la réflexion s’avère efficace dans un seul cas de figure : lorsqu’elle est affranchie de l’angoisse ; l’angoisse biaise notre raisonnement, et le cercle vicieux résulte de cette ambiguïté. Comment savoir si l’on se doit de réfléchir à tel sujet ? Lorsque l’on en a envie.


1- Le schéma cognitif

La cognition c’est le traitement de l’information, il est impératif de se renseigner sur le traitement de l’information pour un tocé : qu’est-ce qui nous fait peur ? Quelle est la situation la plus redoutée, qu’est-ce qu’une pensée intrusive ? Quelles sont nos défenses face à l’angoisse ? Quelles-sont les postulats de danger inconscients ? Pour ce faire je vous suggère la lecture des « ennemis intérieurs » de cotteraux (la méthode de la flèche descendante est une bonne technique réalisable chez soi)

2- La pensée intrusive : détection

La pensée intrusive est source de désarroi chez le tocé, et d’autant plus pour le ruminateur. Chez nous, le balayage n’est pas instantané, et certaines idées se fixent contre notre volonté.
Comment détecter une pensée intrusive ? Il est important de se fier à notre ressenti, c’est lui qui nous indique la conduite à tenir face à l’intrusion. Nous nous devons d’être à l’écoute de ce ressenti. DES QU’UNE PENSEE NOUS DERANGE ET QU’ELLE GENERE DU DESARROI OU UNE GENE, c’est qu’elle n’est pas en accord avec notre nature profonde, c’est à cet instant précis qu’on peut la qualifier d’intrusive.
Fiez-vous à votre ressenti afin de la déterminer comme telle.

3- Le piège de la détection

Détecter une pensée intrusive (ex : et si j’étais capable de tuer quelqu'un…) ne revient pas à se questionner sur sa nature : est-elle intrusive, peut-être pas etc… Non, il s’agit de se fier à nos émotions, la réflexion ne doit pas intervenir dans le processus, sinon la question devient compulsive. Laissez-vous aller à vos émotions, faites fi des questions et du raisonnement pour vous laisser guider par votre ressenti propre comme je l’ai exposé précédemment.

4- La culpabilité

Lorsqu’une pensée intrusive est détectée, il est nécessaire de bannir tout réflexe de défense, aussi subtile soit-il. La pensée en elle-même n’est qu’un leurre au service du toc, son contenu n’est qu’illusoire, ne vous focalisez pas sur ce qu’elle vous sussurre à l’oreille. Pourquoi ? Parce que c’est l’émotion qui se niche sous cette idée qui est source de vos problèmes, pas la pensée en soi. Ainsi, évitez tout jugement par rapport à cette pensée, ne vous jugez pas d’avoir de telles idées, tout le monde en a, la différence c’est que chez un sujet sain, elles passent comme dans du beurre. Ce sont nos émotions qui sont déréglées et non nos pensées, et on ne peut culpabiliser d’avoir des idées déviantes, encore une fois tout le monde en a.
De plus, ces idées s’attaqueront à ce qui vous fait le plus peur, elles sont extérieures à vous, pourtant il est nécessaire de se les rapproprier par le laisser-passer.

5 – L’abolition des systèmes de défenses : le raisonnement est le moteur de l’obsession

Quand une pensée intrusive est détectée comme telle, que vous vous êtes bien mis en tête que tout le monde a ce type de pensée, il est fondamental de désamorcer vos systèmes de défense. Le toc se nourrit de la culpabilité et surtout du raisonnement, plus vous allez tendre à vous prouver que vous n’êtes pas en accord avec votre pensée, plus cette pensée va prendre de l’importance, plus vous raisonnerez, plus l’obsession en demandera. Dès-lors à vous de LAISSER-PASSER ces pensées sans AUCUNE stratégie de réassurance ou compulsions (réflexions pour le ruminateur)
Vous avez peur de devenir pédophile ? Eh bien laissez-passer cette idée en demeurant silencieux, sans vous réconforter, sans réfléchir, sans intervenir. Que va t-il se passer alors ? C’est simple l’angoisse va monter car vous n’êtes pas habitué à ce schéma de « pensée » puis au terme d’un laps de temps, la peur va décroître jusqu’à devenir insignifiante. Le but de cette manœuvre répétée, c’est d’enclencher le processus d’habituation par la confrontation pure avec l’objet de votre angoisse. Au fur et à mesure des exercices, l’angoisse va être de moins en moins intense, et elle va durer de moins en moins longtemps ; il est important de savoir que l’angoisse finit TOUJOURS par retomber et qu’elle ne mène JAMAIS à la folie ou au décès.
Ces trois principes de bases sont inhérents à la thérapie comportementale.



Conclusion : la nécessité d’un deuil de notre mécanisme de pensée

Il est bien difficile de s’affranchir de nos compulsions et surtout de nos mécanismes de défenses qui passent par l’évitement ou le raisonnement. Sachez tout de même que toutes ces stratégies d’évitement ou de réassurance entretiennent le toc à long terme, de plus, elles induisent une grande souffrance. La finalité de cette technique et de la tcc, c’est la PENSEE RETROUVEE. Pour ce faire, il faut faire un deuil de son mécanisme de pensée, on ne peut tout contrôler. Imaginons que nos compulsions ou réflexions s’automatisent dans chacune de nos actions, il est clair que nous ne pourrions plus mettre un pied devant l’autre. La prise de risque est fondamentale pour se défaire de cette immondice qu’est le toc, la moindre concession lui profite. Le tout, c’est de se donner le temps, d’y aller à notre rythme, progressivement mais quotidiennement, pour finir par ne plus réfléchir sur une seule pensée intrusive. La prise de sérotoninergiques est souvent indiquée pour pourvoir à la "guérison"
Cette technique est fortement inspirée de la tcc et du stop pensée, elle ne se substitue pas aux soins d’un thérapeute et n’est peut-être pas adaptée à tous. C’est simplement mon expérience que j’expose ici."

 
×