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« Se rendre malade parce qu'on doute de l'amour » : dans les tourments du TOC du couple

Le 06/07/2023

Le 6 juillet 2023, Psychologies Magazine publiait un article consacré au TOC du couple, intitulé "Se rendre malade parce qu'on doute de l'amour : dans les tourments du TOC du couple", rédigé par la journaliste Louis Leboyer. Je remercie chaleureusement Louis Leboyer pour le sérieux et la sensibilité avec laquelle elle a traité ce sujet, en donnant la parole à des personnes directement concernées et en s'appuyant sur l'expertise d'une psychologue clinicienne, Claire Petin.

Le 6 juillet 2023, Psychologies Magazine publiait un article consacré au TOC du couple, intitulé "Se rendre malade parce qu'on doute de l'amour : dans les tourments du TOC du couple", rédigé par la journaliste Louis Leboyer. Je remercie chaleureusement Louis Leboyer pour le sérieux et la sensibilité avec laquelle elle a traité ce sujet, en donnant la parole à des personnes directement concernées et en s'appuyant sur l'expertise d'une psychologue clinicienne, Claire Petin.

Cet article est, à ce jour, l'un des traitements les plus complets et les plus nuancés du TOC du couple dans la presse française grand public. Il mérite d'être lu et partagé largement.

Ce que dit l'article : les obsessions et compulsions dans le couple

L'article s'ouvre sur un constat important de Claire Petin, psychologue clinicienne et thérapeute de couple : les doutes dans une relation sont normaux. "Nous pouvons tous être traversés par des pensées intrusives, avoir des sentiments qui fluctuent lorsque nous sommes en couple, cela n'a rien d'anormal", rappelle-t-elle. Mais dans le TOC du couple, ces pensées atteignent un autre niveau : elles "occupent le devant de notre scène psychique et sont vécues comme insupportables, causant une très forte anxiété et déclenchant ainsi le mécanisme de compulsion dans une tentative de neutraliser ces obsessions".

Les obsessions prennent souvent la forme de questions en boucle : "Est-ce que mon partenaire est suffisamment beau ?", "Et si ce n'était pas l'homme de ma vie ?", "Est-ce qu'il reste avec moi parce qu'il a pitié de moi ?" Pour y répondre, les personnes atteintes développent des compulsions : tests en ligne, lectures sur ce qu'il est normal de ressentir en couple, comparaisons avec d'autres couples, demandes de reassurance répétées.

Les témoignages : ce que vivent vraiment les personnes concernées

Ce qui rend cet article particulièrement précieux, c'est la qualité des témoignages recueillis.

Alma, 27 ans, raconte comment le TOC s'est déclaré brutalement au début d'une relation pourtant heureuse : "Nous vivions un début de relation idyllique, je savais que j'étais amoureuse." Puis, après un simple appel téléphonique, une pensée intrusive surgit. "S'en est suivi une crise d'angoisse tellement violente que j'en ai fait un malaise." Les mois suivants, les ruminations s'installent. "Quand je pensais à lui, ses traits physiques étaient déformés. Je m'auto-analysais sur ce que je ressentais quand je pensais à lui, quand je l'embrassais, s'il me manquait."

Cléo, 34 ans, décrit ce mécanisme de fixation sur les "défauts" du partenaire : "Je vais fixer sur un de ses défauts, comme son nez. Et ça va devenir insupportable de voir son nez." Vient ensuite la comparaison : "Dans le métro, je vais regarder tous les autres hommes et je vais me demander si je pourrais être avec lui." L'impact sur la relation est profond : "Tu finis par te sentir mal parce que ça te rend monstrueuse et lui ça ne lui donne pas confiance."

Pour Cléo, le TOC perturbe jusqu'aux sens les plus basiques : "Il m'est arrivé de faire une crise d'angoisse suite au simple fait que je sente sa main sur mon bras, et que j'estimais que ses doigts étaient trop petits."

Mon propre témoignage dans l'article

Louis Leboyer m'a donné la parole dans cet article, et je lui en suis reconnaissante. J'y décris l'arrivée brutale du trouble dans ma propre relation, celle dans laquelle je suis toujours aujourd'hui : "Au bout de neuf mois, ça a été l'explosion. J'ai la question 'est-ce que tu l'aimes' qui est arrivée et à partir de là, ça a été la descente aux enfers."

Et sur la rémission : "Aujourd'hui, quand ces pensées intrusives reviennent, elles ne m'angoissent plus, elles ne me posent plus problème. Je suis capable de me dire que ce n'est qu'une pensée et me reconcentrer sur ce que je fais."

C'est précisément pour ça que rocd.fr existe : montrer que la rémission est réelle, pas une promesse vague. Elle se vit concrètement, au quotidien, et elle change tout.

La solitude et la peur du jugement

L'article aborde un aspect souvent tu : la difficulté à parler du TOC du couple, même à ses proches. Alma le formule avec une honnêteté touchante : "Le fait de toquer sur un sujet aussi 'banal', se rendre malade parce qu'on doute de l'amour, fait qu'on se sent moins légitime. J'avais peur qu'on me traite de folle, tout simplement."

Ce sentiment de ne pas être "assez malade" pour mériter de l'aide est l'une des raisons pour lesquelles le TOC du couple reste si souvent non diagnostiqué. Les personnes qui en souffrent se taisent, parce qu'elles ont honte de souffrir pour quelque chose qui semble "banal" aux yeux des autres. Alma le dit aussi : "C'est très difficile pour certaines personnes neurotypiques de comprendre le mécanisme d'un trouble obsessionnel compulsif. Il ne suffit pas juste de ne plus y penser."

C'est aussi ce qui a poussé, au fil des années, les personnes concernées à se regrouper entre elles. Alma témoigne : "Échanger et savoir qu'on n'est pas seul fait énormément de bien. Je ne compte plus le nombre de fois où les conseils et le soutien de certaines personnes m'ont permis de revenir sur Terre et de ne plus être prisonnière de mes pensées."

Le chemin vers la rémission

Claire Petin rappelle les traitements recommandés : les thérapies de type TCC, notamment la Thérapie d'Acceptation et d'Engagement (ACT), sont les approches principales. Un traitement médicamenteux peut être envisagé en parallèle dans certains cas. Et elle prévient honnêtement : "Il faut faire preuve de patience et de persévérance. D'autant plus que certains symptômes qui semblaient avoir disparu peuvent temporairement resurgir."

Mais la rémission est possible. Alma, toujours en couple avec le compagnon avec qui le trouble a commencé, est aujourd'hui maman de deux enfants et ne fait plus de crises d'angoisse. "Je suis amoureuse de lui et réciproquement, capable de le dire sans en douter !" Cette phrase, pour ceux qui ont vécu le TOC du couple, dit tout.

Lire l'article original

L'article de Louis Leboyer est disponible sur le site de Psychologies Magazine :

Se rendre malade parce qu'on doute de l'amour : dans les tourments du TOC du couple (Psychologies Magazine, juillet 2023)

Pour aller plus loin sur rocd.fr


Ce contenu est informatif et ne remplace pas un suivi thérapeutique professionnel. Si vous souffrez d'un TOC du couple, consultez un thérapeute formé aux TOC.