Thérapie comportementale et cognitive

La thérapie cognitivo-comportementale, communément appelée TCC, reste le traitement de choix pour le trouble obsessionnel-compulsif (TOC), en France, l’AFTCC répertorie les thérapeutes formés à cette thérapie.

La TCC, dont l’efficacité est reconnue par la communauté scientifique, est utilisée avec succès comme traitement pour de nombreux problèmes psychologiques, y compris le TOC et d’autres problèmes d’anxiété tels que le trouble panique, le trouble de stress post-traumatique et la phobie sociale mais également le traitement des troubles de l’alimentation, les dépendances et la psychose.

La TCC est une forme de thérapie par la parole, mais contrairement à d’autres thérapies par la parole comme la psychanalyse ou le coaching elle est beaucoup plus structurée et adaptée aux problèmes des individus dans l’« ici et maintenant », et se concentre rarement sur le passé du patient. 

La TCC est une thérapie brève qui dure entre quelques semaines et quelques mois.

Pratiquer la TCC est un peu comme apprendre à conduire, certaines personnes ont besoin de nombreux cours de conduites (thérapie) pour passer leur test, mais d’autres ont besoin de deux ou trois cours, et parfois avec un instructeur différent (thérapeute), mais s’ils continuent de pratiquer les conseils de conduite, il n’y a aucune raison de croire qu’ils ne peuvent pas passer leur test.

Le thérapeute va proposer les outils les plus adaptés au regard des différents objectifs définis avec à son patient dans le cadre de la relation thérapeutique en vue d’améliorer sa qualité de vie.

La TCC utilise deux techniques, la thérapie cognitive qui examine la façon dont vous pensez, et la thérapie comportementale qui examine comment cela affecte ce que vous faites. 
 
Avec la TCC, vous apprenez des alternatives sur votre façon de penser, et comment cela affecterait vos comportements.

La TCC se base sur le fait que vos pensées, sentiments et actions sont interconnectés, et que les pensées et les sentiments négatifs peuvent vous piéger dans un cercle vicieux.

L’objectif principal de cette approche thérapeutique est de permettre à la personne de devenir son propre thérapeute et de lui fournir les connaissances et les outils nécessaires pour continuer à travailler à la rémission complète du TOC.

Ce que la thérapie enseigne à la personne atteinte de TOC, c’est que ce ne sont pas les pensées elles-mêmes qui sont le problème ; c’est ce que la personne fait de ces pensées, et comment elle y répond.

Dans la TCC, la personne atteinte de TOC explorera d’autres significations ou croyances sur les pensées et les rituels/compulsions sous toutes leurs formes (par exemple le lavage, la vérification, la rédaction de listes, le toucher, la répétition, le nettoyage, en essayant d’obtenir un sentiment que c’est ok , prier) et apprendra ce qui, en fin de compte, entretient le sens qu’il attache à de telles pensées et aux rituels en cours.

Ainsi, au cours des premières séances, un bon thérapeute devrait passer du temps à expliquer la façon dont le TOC du patient fonctionne et ce qui l’entretient.

Avec cette étape de compréhension du toc, cela permet de comprendre les facteurs qui maintiennent ce problème, et le patient peut passer à l’étape suivante, qui est de réfléchir à d’autres façons de voir le problème et ce qu’il peut faire pour le changer.

C’est pourquoi la TCC examine la façon dont le TOC vous convainc que les rituels et les compulsions accomplis sont nécessaires, afin d’éviter que quelque chose de mauvais ne se produise.

Même s’ils apportent un soulagement temporaire de l’anxiété, les compulsions rendent le sens attaché aux pensées, images, pulsions et doutes intrusifs encore plus forts, et contraignent la victime à continuer de faire les rituels/compulsions en permanence.

Cela revient à renforcer le sentiment de réalité et de vérité de ces pensées.

Le TOC donne aux gens l’impression qu’ils doivent éviter toutes sortes d’objets, de personnes et de lieux (par exemple les toilettes publiques, les terrains de jeux pour enfants, les personnes atteintes de maladies, etc.), mais en évitant de telles situations, la victime n’a jamais la chance de savoir ce qui se passerait réellement.

Ainsi, dans la TCC, on vous demandera de commencer à envisager de faire le contraire pour éviter la situation.
Par exemple, si le TOC a fait croire à une personne qu’elle risque de mourir de contamination par des germes sur les WC, dans le traitement, le thérapeute et le patient pourront mettre leurs mains dans les toilettes.
Cette expérience comportementale permet à la personne, par elle-même, de trouver des preuves que le toc lui ment et qu’elle évité inutilement des situations sans raison.

Cette exposition n’est pas facile, et le thérapeute travaillera avec le patient pour l’aider à comprendre ses soucis et ses craintes, pour être en mesure d’aborder un exercice comportemental aussi difficile et de façon progressive.

Essayer de ne pas avoir certaines pensées est un autre exemple d’évitement.

Cependant, plus vous essayerez d’éviter et d’ignorer les pensées intrusives, plus la fréquence d’apparition augmentera.

Il est souvent donné l’exemple de l’éléphant rose.

Aussi le thérapeute va vous demander de ne pas penser à un éléphant rose
Résultat : vous ne pouvez généralement pas penser à autre chose qu’à cet éléphant rose !   

Donc, si vous avez des pensées intrusives, essayer de les chasser de votre esprit est une stratégie contre-productive

Avec la TCC vous apprendrez qu’avoir des pensées n’a pas réellement d’importance ou de signification afin de vous démontrer que le TOC est un menteur.

Traiter les obsessions idéatives comme le toc du couple, c’est remettre en question votre façon d’interpréter les pensées, et un exemple thérapeutique pourrait être de travailler délibérément sur les pensées intrusives du TOC via des exercices comportementaux.

La TCC aidera également le patient à reconnaître ses comportements compulsifs, comme se réassurer, éviter, se tester, vérifier les réactions physiques du corps etc

En conclusion :  le TOC est « juste une pensée » et la TCC vous enseignera que ce ne sont pas les pensées qui sont le problème mais ce que vous faites de ces pensées.